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L'art inuit

           

L'art inuit remonte selon les archéologues et les anthropologues à plusieurs millénaires. Les différentes cultures historiques inuit témoignent d'une grande maîtrise artistique que les récentes fouilles archéologiques ne font que confirmer.
À l'époque des contacts avec les Européens, il était courant d'échanger des objets contre des denrées inexistantes dans le Grand Nord. Progressivement un changement s'est opéré. Le pouvoir spirituel des motifs des siècles précédents s’est atténué pour répondre au public occidental. Ce qui n'empêche pas l'existence de nombreux objets empreints des représentations chamaniques. L'impact de la christianisation aux XIXème et XXème siècles est un fait non négligeable dans le domaine de l'art.

Ce n'est que vers le milieu du XXème siècle que l'art deviendra une source de revenus pour de nombreux Inuit. Au Canada, un jeune artiste ontarien, James A. Houston, indique à la Guilde canadienne des métiers d'art et au gouvernement fédéral que la création artistique inuit pourrait constituer un potentiel économique. À partir de cette période, de nombreuses familles vivront de leurs revenus d'artistes.

À travers la sculpture, la peinture, la lithographie et, plus récemment, la joaillerie, un public de plus en plus large découvre le travail d'artistes et d'artisans inuit grâce à de multiples expositions internationales. Les thèmes traités sont nombreux et nous pouvons parler d'une continuité entre l'art du passé et l'art contemporain. Bien qu'il soit majoritairement destiné à un public de Qallunaat (de Blancs), les thèmes restent profondément ancrés dans la culture inuit. Le bestiaire est très présent. Les mythes et les contes sont une source inépuisable d'inspiration. Le chamane est lui aussi très souvent évoqué, bien que les Inuit soient aujourd'hui chrétiens. Pour beaucoup d'artistes, l'art est un moyen de révéler un passé qui n'est plus, l'art devient alors une trace, une présence, dans la mémoire collective. Nombreuses sont les représentations de la vie quotidienne du passé avec des scènes représentant, dans l'iglou, des Inuit travaillant la peau, chassant en qajaq ou pêchant. Cependant, la production artistique n'est pas uniquement tournée vers le passé. Bien que moins compréhensibles pour de nombreux Qallunaat qui conservent parfois une image un peu figée du Grand Nord, des thèmes contemporains comme les revendications identitaires, la drogue ou le football trouvent désormais leur place.

La langue inuit privilégiant les termes spécifiques aux termes génériques, il faut toujours préciser dans quelle discipline un artiste s'exprime. Au Nunavik, le terme sanannguati désigne littéralement « la personne qui exécute un travail de façonnage qui se présente sous les traits de la miniaturisation d'une réalité physique ou imaginaire », c’est-à-dire « le sculpteur ». Cette notion de réalité est importante et les sculpteurs inuit eux-mêmes qualifient la sculpture « d'imitation du réel ». Ajoutons que la notion de beauté, en langue inuit, est très proche de celle de vérité, sulijuq.

L’art inuit est notamment représenté de façon permanente à Paris à la Galerie Saint Merri, 9 rue St Merri 75004 Paris, responsable Martine Léna. http://www.artinuitparis.com

 

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